(Oh, un billet !)
Ce billet est désapprouvé par Beako-chan.
Sans doute vous vous êtes déjà demandés la raison pour laquelle
d'innombrables bouses inondent le rayon "mangasses" de
votre magasin, conférant ainsi à la France le titre plus
qu'enviable de "deuxième pays consommateur de bande dessinée
nipponne". Cela dit, on est encore loin du tonnage diffusé "au
pays des manga" (appellation made in TF1, M6,
Télérama... au choix).
En fait, tout ce qui suit est valable aussi bien pour les BD
que les DA.
Un élément de réponse est l'achat de licence en "lot".
En gros, cela donne ça : (accent asiat' pourri, "petit
scarabée" en option) "Si toi vouloir série succès, toi
lâcher plus de pognons mais nous magnanimes, donner toi cadeau
séries moindre succès..."
Succès...
Bon, j'ai un tantinet noirci le tableau. Outre le fait que les jap'
ne parlent pas français comme dans un film d'arts martiaux de série
B (avantageusement remplacé par le franponais...), il n'y
heureusement pas que des "bouses" dans le tas. On ne peut
pas vraiment dire qu'il existe une stricte corrélation entre la
qualité (notion plus ou moins subjective) et les chiffres de ventes,
une série pouvant très bien ne s'adresser qu'à un public
restreint, ou bien ne bénéficier de très peu de couverture
médiatique.
Après, il ne faut évidement pas tomber dans le travers typiquement
franchouillard de porter aux nues une série moisie en tentant de la
faire passer pour LE chef d'oeuvre incompris... Z'en démordront pas,
il y aura toujours pour un truc naze des aficionados qui resteront
persuadés d'être des élus ayant réalisé la véritable beauté de
leur série favorite avec le comportement à la noix du fan élitiste
en prime : c'est bien parce que s'est peu connu ou
"underground"(sic). Mais je m'égare...
Ensuite, l'achat de licences peu connues et peu coûteuses est un
excellent moyen pour un petit éditeur de se lancer puisque que
plusieurs petites séries rapporteront souvent plus qu'une seule
potentiellement attractive mais dont les coûts de licences et
productions sont aussi plus élevé (Bien sûr on est à une échelle
bien moindre que les gros shônen trustant les premières
places de ventes).
Pour résumer, il est beaucoup moins risqué de vendre plusieurs
séries courtes peu connues, publiées à moindre coût que d'acheter
bien cher un série ouatmille tomes ayant eu du succès au Japon mais
dont les chiffres de ventes peuvent se révéler médiocres au final
en France... Bon, vous voyez le principe...
Où je veux en venir après cette longue première partie? Ben, en
fait je voulais juste faire du remplissage à propos de Ki-oon,
qui a fêté récemment ses cinq ans d'existence, qui a avait
commencé avec des licences pas franchement connues genre adaptations
de jeux vidéos eux-aussi quasi-inconnus dans nos vertes et
plaisantes contrées comme Atelier Marie et Elie ou Shin
Megami Tensei : if (alors qu'il n'y avait guère que Nocturne
ayant eu droit à une sortie PAL, bien avant la déferlante
Persona). Bon, ils ont pas mal réussi leur coup puisque
depuis, ils ont acquis pas mal de titres forts avec les Tetsuya
Tsutsui (on reste dans la catégorie séries courtes et one-shots)
ou bien encore, en série longues, Ubel Blatt et Kurokami.
Cela ne les empêche cependant pas d'éditer de petites licences
forts sympatiques, comme celle qui nous intéresse aujourd'hui, à
savoir Stray Little Devil (pour ceux qui aurait déjà oublié
le titre du billet...)
Bon, on y arrive.
"Stray Little Devil est une série de fantasy
bourrée de bonnes idées et servie par un graphisme superbe signé
Kotaro Mori !" dixit le site de Ki-oon. Mais qu'en
est-il vraiment ? Jugez plutôt sur pièce, toujours en provenance de
Ki-oon :
"Le jour où elle essaie d’invoquer le
démon bienveillant dont lui a parlé sa grand-mère, Pam Akumachi,
une jeune collégienne débordante d’énergie, est transportée
dans un monde parallèle où anges et démons coexistent. Pas un seul
humain en vue... Pour pouvoir rentrer chez elle, la voilà contrainte
de devenir un authentique petit démon !"
et donc WAAARP... du jamais vu...
Et donc au final, nous avons donc notre bakamusume en
puissance, qui se retrouve mystérieusement aspirer, à cause du
mystérieux médaillon-qui-brille-tout-seul de sa grand-mère, elle
se retrouve dans une mystérieuse contrée peuplée d'êtres
mystérieux (les warps de charmantes jeunes filles aboutissent
rarement dans un endroit aussi commun qu'une salle de bain, sauf
quand elles ont des cheveux roses, de gros seins et une origine
extra-terrestre). Elle rencontre UNE ange tsundere ressemblant
mystérieusement à sa meilleure amie, éprouvant la mystérieuse
envie de la découper en rondelles. Puis est sauvée in extremis
par un mystérieux french lover de japoniaiseries, lui
révélant qu'elle se trouve dans le monde des anges et des démons,
qu'elle même est devenue un démon et n'acceptant de l'aider à
retourner dans son monde qu'une fois qu'elle sera devenue un démon
accompli...(le premier chapitre de ce titre est dispo en ligne).
Ajoutons un mot sur la suite des "bonnes idées" dont est
bourrée la série : les autres personnages secondaires, apparaissant
par la suite, pas originaux pour deux sous tels que la prof' à forte
poitrine, ou les deux camarades apprenties démons, une (deuxième)
tsundere, au caractère de cochon et la timide, de bonne
famille...etc.
Nous avons aussi droit aux tripes gentils démons et anges fascistes,
une inversion des valeurs donc, qui est sans doute un des plus gros
poncif de toutes les histoires de fantasy depuis des années.
Signalons que la série a droit, comme la majeure partie des
productions nippones, à son cachet culturel, via des références
dans les noms de lieux, de personnages, à savoir dans la cas présent
les grandes civilisations mésopotamiennes de l'Antiquité (comme les
récentes séries Druaga no Tô).
Et rajoutons que l'aspect visuel de SLD n'est pas non plus
d'une originalité mirobolante, avec deux-trois emprunts aux cultures
sus-cités, perdues au milieu d'un environnement fantasy de
d'une rare banalité.
D'une manière générale cette série pompe à droite et à gauche,
divers concepts éprouvés, de genres différents, (comédie scolaire
et fantasy, principalement) et les associe avec plus ou moins
de bonheur, nous pouvons en voir un parfait exemple avec les
chapitres se focalisant sur les épreuves d'apprenti-démons, ceux-ci
m'ayant fortement penser à un Disgaea rencontre Naruto...
Trève de fiel...
Je n'ai toujours pas précisé une chose au sujet de Stray Little
Devil : cette série s'adresse justement à un public restreint,
comme évoqué dans le hors-sujet introductif (je dis vraiment
n'importe quoi).
Au vu de l'avertissement et des médaillons représentant les
couvertures des cinq tomes, vous pouvez vous douter duquel : celui
des abominables adorateurs de ces mignonnes petites choses avec
DFC...(hum) Et oui seul les vieux pervers, fans de loli
pourront trouver leur compte dans cette série. Soit dit en passant,
SLD est classé presque unanimement en shôjo, vous
attirant les regards suspicieux de la vendeuse si vous vous attardez
trop en rayon ou à l'achat...
Une prochaine fois, je parlerai de la méconnaissance des genres
des anime/manga et les conséquences ridicules en découlant, tel la
diffusion de séries TV au mauvais public ayant conduit à la
mauvaise réputation de la japaninime et bande dessinée nipponne en
France depuis le Club Do'.
Avertissement secondaire, du loli, certe, mais pas n'importe
lequel puisque à fortes connotations yuri (réduisant encore un peu
plus le public visé...), du "lolimace", en quelque
sorte...
Il faut donc bien garder à l'esprit que cette série n'existe que
pour contenter les fans de ce type de personnages, l'originalité
importe peu ici... Et on peut affirmer que n'importe quel lolicon
(sens otaque occidental uniquement, hein), y trouvera largement son
compte.
Le graphisme est effectivement assez superbe, avec un trait que l'on
peut qualifier d'"itohnoiziesque", ce qui tombe plutôt
bien (Enfin, cela n'engage que moi, quelqu'un trouvera peut-être une
ressemblance de trait avec un autre auteur que la dessinatrice
d'Unison Shift.
Nous avons droit à une galerie de persos des plus fournies, il y en
a pour tous les goûts, des énergique, des tsundere, des
timides, même des démones non-loli à gros seins pour
(con)tenter les pauvres âmes égarées, attirées par ces
monstruosité que sont les MILF et les onee-san...
Toutes ces charmantes demoiselles ayant bien sûr les tenues
adéquates pour émoustiller le lecteur, avec la encore, un
échantillon représentatif des fétichismes nippons, uniformes
divers, maillots de bains divers, tenues originales plus ou moins
provoquantes, cela allant du look "petite fille modèle" à
"lolipouffe", le genre de gamines pour lesquelles, dans la
vraie vie, la seule envie que vous ayez à leur encontre est de leur
coller une bonne paire de baffes avant de toucher deux mots aux
parents sur les goûts vestimentaires de leur progéniture...
Rassurez-vous, l'ensemble reste très chaste (sinon ça serait
vachement moins "mignon"), avec tout de même le minimum
syndical de fan-service, scène gratuite de douche, le "Hiii,
j'ai perdu mon haut" pendant le classique évènement "Plage",
ou de la transformation avec flou artistique...Pour les limaceries,
tout est sous-entendu, très lourdement sous-entendu mais
sous-entendu tout de même...
En complément, nous avons droit à également un certain nombre de
personnages masculin (mais pas forcément à l'air très humain),
servant principalement de faire-valoir humoristique, principalement
des obsédés plus ou moins malgré eux... Vu l'orientation yuri de
SLD, l'auteur allait pas s'embarrasser à créer des
protagonistes mâles de romances...
Je viens de parler de l'humour, qui reste globalement agréable (mais
déjà vu et revu) plus deux-trois bien lourdingue, avec certaines
scène où interviennent les persos masculins, tapant bien en-dessous
de la ceinture ou dans le WTF le plus totale (en fait, le plus
souvent les deux à la fois...).
Et le scénario se suit sans trop d'incohérence (heureusement, vu
la faible originalité et longueur de la série), alternant
développement de l'histoire et tranche de vie scolaire de manière
assez homogène. Un gros reproche toutefois, l'auteur semble avoir
été pressé (dans l'un ou dans l'autre sens du terme possible ici)
de terminer son manga, il en résulte une brusque accélération de
l'histoire un tome et demi avant la fin, avec tous ce que cela
implique, quasi-disparition de persos secondaires, épilogue abrupte
en quelques planches seulement, et différents points pas franchement
éclaircis (en fait il y a des notes et explications de l'auteur en
fin de tome avec deux-trois artworks mais c'est un peu abusé
tout de même, on ne peut pas franchement considérer cela comme un
approfondissement du background. Cela répond au moins à une des
raisons du manque d'originalité de SLD : l'auteur avoue avoir
eu comme unique motivation de pouvoir dessiner des diablesses...
Un petit mot sur l'édition de Ki-oon, c'est toujours du
travail soigné, papier épais, impression de bonne qualité et les
traduction/adaptation/édition de l'image sont tout à fait
convenable. R.A.S. de ce côté-là, on a la qualité que l'on est en
droit d'attendre pour ce type de produit.
Bon bref si vous aussi vous collectionner des images de loli,
que vous lisez en cachette Les Petites Fraises/Ichigo Mashimaro
ou Card Captor Sakura, cette série est faite pour vous. Mais
là, Beako commence à rapprocher dangereusement de moi, accompagné
de Sa Royalitude et d'Agnès Chan, donc je vais m'arréter...
Trucs divers :
Je sais, j'abuse, je laisse ce site quasiment mort-né avec des
articles remplis de fautes, attendant 4 semaines pour leur mise en
page, entre les absences, la flemme, et les erreurs 500. Quoique pour mes
déconvenus avec ma solution d'hébergement, il ne vaut mieux pas
trop me plaindre avec ce qui est arrivé chez Nyoron et ceux qu'il héberge...
Luno de Kei Toumé est sorti en France dans une édition
cartonnée assez haut-de-gamme, à laquelle je reprocherai seulement
le sigle de l'éditeur salopant la première de couverture (oh le
beau Kana sur trame jaune canari) et un papier un peu fin, on
voit un peu trop au travers, l'impression de l'autre côté de la
page, la différence avec la série nous ayant intéressée
aujourd'hui est flagrante, sinon jetez-vous, l'auteur nous livrant
une fascinante oeuvre gothique... pour faire avis convenu n°1543541.
J'ai loupé le premier avril, pour me rattraper, une prochaine fois
je gloserai sur le Shôkaikutsubon no Tegakido du grand
Yamamoto Hogarage ou sur les chefs d'oeuvre méconnus de la bande
dessinée catholique des années 1950.
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"Donc au final, il vaut mieux que je le prenne sur Wii ?" Ben, honnêtement,...
Donc au final, il vaut mieux que je le prenne sur Wii ? C'est la version...
Je suis d'accord avec ton article, plein de lolis , du shôjo-ai, fan-service...
Je ne suis pas tout à fait d'accord, ce manga ne devrait pas plaire qu'aux...