nogablog

mardi 14 avril 2009

Stray Little Devil.

(Oh, un billet !)


Ce billet est désapprouvé par Beako-chan.

Sans doute vous vous êtes déjà demandés la raison pour laquelle d'innombrables bouses inondent le rayon "mangasses" de votre magasin, conférant ainsi à la France le titre plus qu'enviable de "deuxième pays consommateur de bande dessinée nipponne". Cela dit, on est encore loin du tonnage diffusé "au pays des manga" (appellation made in TF1, M6, Télérama... au choix).

En fait, tout ce qui suit est valable aussi bien pour les BD que les DA.

Un élément de réponse est l'achat de licence en "lot". En gros, cela donne ça : (accent asiat' pourri, "petit scarabée" en option) "Si toi vouloir série succès, toi lâcher plus de pognons mais nous magnanimes, donner toi cadeau séries moindre succès..."

Succès...

Bon, j'ai un tantinet noirci le tableau. Outre le fait que les jap' ne parlent pas français comme dans un film d'arts martiaux de série B (avantageusement remplacé par le franponais...), il n'y heureusement pas que des "bouses" dans le tas. On ne peut pas vraiment dire qu'il existe une stricte corrélation entre la qualité (notion plus ou moins subjective) et les chiffres de ventes, une série pouvant très bien ne s'adresser qu'à un public restreint, ou bien ne bénéficier de très peu de couverture médiatique.

Après, il ne faut évidement pas tomber dans le travers typiquement franchouillard de porter aux nues une série moisie en tentant de la faire passer pour LE chef d'oeuvre incompris... Z'en démordront pas, il y aura toujours pour un truc naze des aficionados qui resteront persuadés d'être des élus ayant réalisé la véritable beauté de leur série favorite avec le comportement à la noix du fan élitiste en prime : c'est bien parce que s'est peu connu ou "underground"(sic). Mais je m'égare...

Ensuite, l'achat de licences peu connues et peu coûteuses est un excellent moyen pour un petit éditeur de se lancer puisque que plusieurs petites séries rapporteront souvent plus qu'une seule potentiellement attractive mais dont les coûts de licences et productions sont aussi plus élevé (Bien sûr on est à une échelle bien moindre que les gros shônen trustant les premières places de ventes).

Pour résumer, il est beaucoup moins risqué de vendre plusieurs séries courtes peu connues, publiées à moindre coût que d'acheter bien cher un série ouatmille tomes ayant eu du succès au Japon mais dont les chiffres de ventes peuvent se révéler médiocres au final en France... Bon, vous voyez le principe...

Où je veux en venir après cette longue première partie? Ben, en fait je voulais juste faire du remplissage à propos de Ki-oon, qui a fêté récemment ses cinq ans d'existence, qui a avait commencé avec des licences pas franchement connues genre adaptations de jeux vidéos eux-aussi quasi-inconnus dans nos vertes et plaisantes contrées comme Atelier Marie et Elie ou Shin Megami Tensei : if (alors qu'il n'y avait guère que Nocturne ayant eu droit à une sortie PAL, bien avant la déferlante Persona). Bon, ils ont pas mal réussi leur coup puisque depuis, ils ont acquis pas mal de titres forts avec les Tetsuya Tsutsui (on reste dans la catégorie séries courtes et one-shots) ou bien encore, en série longues, Ubel Blatt et Kurokami.

Cela ne les empêche cependant pas d'éditer de petites licences forts sympatiques, comme celle qui nous intéresse aujourd'hui, à savoir Stray Little Devil (pour ceux qui aurait déjà oublié le titre du billet...)

Bon, on y arrive.



"Stray Little Devil est une série de fantasy bourrée de bonnes idées et servie par un graphisme superbe signé Kotaro Mori !" dixit le site de Ki-oon. Mais qu'en est-il vraiment ? Jugez plutôt sur pièce, toujours en provenance de Ki-oon : "Le jour où elle essaie d’invoquer le démon bienveillant dont lui a parlé sa grand-mère, Pam Akumachi, une jeune collégienne débordante d’énergie, est transportée dans un monde parallèle où anges et démons coexistent. Pas un seul humain en vue... Pour pouvoir rentrer chez elle, la voilà contrainte de devenir un authentique petit démon !"

et donc WAAARP... du jamais vu...

Et donc au final, nous avons donc notre bakamusume en puissance, qui se retrouve mystérieusement aspirer, à cause du mystérieux médaillon-qui-brille-tout-seul de sa grand-mère, elle se retrouve dans une mystérieuse contrée peuplée d'êtres mystérieux (les warps de charmantes jeunes filles aboutissent rarement dans un endroit aussi commun qu'une salle de bain, sauf quand elles ont des cheveux roses, de gros seins et une origine extra-terrestre). Elle rencontre UNE ange tsundere ressemblant mystérieusement à sa meilleure amie, éprouvant la mystérieuse envie de la découper en rondelles. Puis est sauvée in extremis par un mystérieux french lover de japoniaiseries, lui révélant qu'elle se trouve dans le monde des anges et des démons, qu'elle même est devenue un démon et n'acceptant de l'aider à retourner dans son monde qu'une fois qu'elle sera devenue un démon accompli...(le premier chapitre de ce titre est dispo en ligne).

Ajoutons un mot sur la suite des "bonnes idées" dont est bourrée la série : les autres personnages secondaires, apparaissant par la suite, pas originaux pour deux sous tels que la prof' à forte poitrine, ou les deux camarades apprenties démons, une (deuxième) tsundere, au caractère de cochon et la timide, de bonne famille...etc.

Nous avons aussi droit aux tripes gentils démons et anges fascistes, une inversion des valeurs donc, qui est sans doute un des plus gros poncif de toutes les histoires de fantasy depuis des années. Signalons que la série a droit, comme la majeure partie des productions nippones, à son cachet culturel, via des références dans les noms de lieux, de personnages, à savoir dans la cas présent les grandes civilisations mésopotamiennes de l'Antiquité (comme les récentes séries Druaga no Tô).

Et rajoutons que l'aspect visuel de SLD n'est pas non plus d'une originalité mirobolante, avec deux-trois emprunts aux cultures sus-cités, perdues au milieu d'un environnement fantasy de d'une rare banalité.

D'une manière générale cette série pompe à droite et à gauche, divers concepts éprouvés, de genres différents, (comédie scolaire et fantasy, principalement) et les associe avec plus ou moins de bonheur, nous pouvons en voir un parfait exemple avec les chapitres se focalisant sur les épreuves d'apprenti-démons, ceux-ci m'ayant fortement penser à un Disgaea rencontre Naruto...

Trève de fiel...

Je n'ai toujours pas précisé une chose au sujet de Stray Little Devil : cette série s'adresse justement à un public restreint, comme évoqué dans le hors-sujet introductif (je dis vraiment n'importe quoi).



Au vu de l'avertissement et des médaillons représentant les couvertures des cinq tomes, vous pouvez vous douter duquel : celui des abominables adorateurs de ces mignonnes petites choses avec DFC...(hum) Et oui seul les vieux pervers, fans de loli pourront trouver leur compte dans cette série. Soit dit en passant, SLD est classé presque unanimement en shôjo, vous attirant les regards suspicieux de la vendeuse si vous vous attardez trop en rayon ou à l'achat...

Une prochaine fois, je parlerai de la méconnaissance des genres des anime/manga et les conséquences ridicules en découlant, tel la diffusion de séries TV au mauvais public ayant conduit à la mauvaise réputation de la japaninime et bande dessinée nipponne en France depuis le Club Do'.

Avertissement secondaire, du loli, certe, mais pas n'importe lequel puisque à fortes connotations yuri (réduisant encore un peu plus le public visé...), du "lolimace", en quelque sorte...



Il faut donc bien garder à l'esprit que cette série n'existe que pour contenter les fans de ce type de personnages, l'originalité importe peu ici... Et on peut affirmer que n'importe quel lolicon (sens otaque occidental uniquement, hein), y trouvera largement son compte.

Le graphisme est effectivement assez superbe, avec un trait que l'on peut qualifier d'"itohnoiziesque", ce qui tombe plutôt bien (Enfin, cela n'engage que moi, quelqu'un trouvera peut-être une ressemblance de trait avec un autre auteur que la dessinatrice d'Unison Shift.



Nous avons droit à une galerie de persos des plus fournies, il y en a pour tous les goûts, des énergique, des tsundere, des timides, même des démones non-loli à gros seins pour (con)tenter les pauvres âmes égarées, attirées par ces monstruosité que sont les MILF et les onee-san...

Toutes ces charmantes demoiselles ayant bien sûr les tenues adéquates pour émoustiller le lecteur, avec la encore, un échantillon représentatif des fétichismes nippons, uniformes divers, maillots de bains divers, tenues originales plus ou moins provoquantes, cela allant du look "petite fille modèle" à "lolipouffe", le genre de gamines pour lesquelles, dans la vraie vie, la seule envie que vous ayez à leur encontre est de leur coller une bonne paire de baffes avant de toucher deux mots aux parents sur les goûts vestimentaires de leur progéniture...

Rassurez-vous, l'ensemble reste très chaste (sinon ça serait vachement moins "mignon"), avec tout de même le minimum syndical de fan-service, scène gratuite de douche, le "Hiii, j'ai perdu mon haut" pendant le classique évènement "Plage", ou de la transformation avec flou artistique...Pour les limaceries, tout est sous-entendu, très lourdement sous-entendu mais sous-entendu tout de même...



En complément, nous avons droit à également un certain nombre de personnages masculin (mais pas forcément à l'air très humain), servant principalement de faire-valoir humoristique, principalement des obsédés plus ou moins malgré eux... Vu l'orientation yuri de SLD, l'auteur allait pas s'embarrasser à créer des protagonistes mâles de romances...

Je viens de parler de l'humour, qui reste globalement agréable (mais déjà vu et revu) plus deux-trois bien lourdingue, avec certaines scène où interviennent les persos masculins, tapant bien en-dessous de la ceinture ou dans le WTF le plus totale (en fait, le plus souvent les deux à la fois...).

Et le scénario se suit sans trop d'incohérence (heureusement, vu la faible originalité et longueur de la série), alternant développement de l'histoire et tranche de vie scolaire de manière assez homogène. Un gros reproche toutefois, l'auteur semble avoir été pressé (dans l'un ou dans l'autre sens du terme possible ici) de terminer son manga, il en résulte une brusque accélération de l'histoire un tome et demi avant la fin, avec tous ce que cela implique, quasi-disparition de persos secondaires, épilogue abrupte en quelques planches seulement, et différents points pas franchement éclaircis (en fait il y a des notes et explications de l'auteur en fin de tome avec deux-trois artworks mais c'est un peu abusé tout de même, on ne peut pas franchement considérer cela comme un approfondissement du background. Cela répond au moins à une des raisons du manque d'originalité de SLD : l'auteur avoue avoir eu comme unique motivation de pouvoir dessiner des diablesses...

Un petit mot sur l'édition de Ki-oon, c'est toujours du travail soigné, papier épais, impression de bonne qualité et les traduction/adaptation/édition de l'image sont tout à fait convenable. R.A.S. de ce côté-là, on a la qualité que l'on est en droit d'attendre pour ce type de produit.

Bon bref si vous aussi vous collectionner des images de loli, que vous lisez en cachette Les Petites Fraises/Ichigo Mashimaro ou Card Captor Sakura, cette série est faite pour vous. Mais là, Beako commence à rapprocher dangereusement de moi, accompagné de Sa Royalitude et d'Agnès Chan, donc je vais m'arréter...

Trucs divers :

Je sais, j'abuse, je laisse ce site quasiment mort-né avec des articles remplis de fautes, attendant 4 semaines pour leur mise en page, entre les absences, la flemme, et les erreurs 500. Quoique pour mes déconvenus avec ma solution d'hébergement, il ne vaut mieux pas trop me plaindre avec ce qui est arrivé chez Nyoron et ceux qu'il héberge...

Luno de Kei Toumé est sorti en France dans une édition cartonnée assez haut-de-gamme, à laquelle je reprocherai seulement le sigle de l'éditeur salopant la première de couverture (oh le beau Kana sur trame jaune canari) et un papier un peu fin, on voit un peu trop au travers, l'impression de l'autre côté de la page, la différence avec la série nous ayant intéressée aujourd'hui est flagrante, sinon jetez-vous, l'auteur nous livrant une fascinante oeuvre gothique... pour faire avis convenu n°1543541.

J'ai loupé le premier avril, pour me rattraper, une prochaine fois je gloserai sur le Shôkaikutsubon no Tegakido du grand Yamamoto Hogarage ou sur les chefs d'oeuvre méconnus de la bande dessinée catholique des années 1950.

dimanche 7 décembre 2008

Mysteries...For Great Justice !

Il y a deux types de mangakas :

Ceux qui cravachent comme des stakhanovistes pour sortir leur chapitre par semaine/quinzaine et produisent jusqu'à trois ou quatre albums reliés par an avec parfois plusieurs séries ou travaux extérieurs à réaliser.

Et les autres, qui n'ont de quoi faire un album que tous les trois/quatre ans pour une seule série...

Kei Tôme est de ceux-là. Connue pour des séries comme Les Lamentations de l'Agneau ou le très abandonné en France Kurogane et quelques projets annexes, comme le charadesign des Gigawing sur Dreamcast, force est de constater que la mangaka a publié très peu de chose ces dernières années.

Si la plupart de ses dernières oeuvres ne sont pas sorties en France (des histoires courtes pas assez nombreuses pour justifier un recueil à la Zero ou Deviance ou le-pour-l'-instant-one-shot Luno ) mais sont trouvable facilement en sc...ah non, le piratage, c'est mal. Il nous est tout de même parvenu sa série Les Mystères de Taishô, deux albums depuis 2000, à raison d'un chapitre de temps en temps dans un magazine de prépublication mensuel. Et publiée chez nous par Delcourt.



Contrairement, à ses histoires habituelles, extrêmement mélancolique (celles qui vous donne envie de faire une razzia au rayon "cordage" d'un magasin de sport ou de bricolage) avec une construction scénaristique façon "tranche de vie", l'auteur nous livre ici une petite série policière à l'ambiance légère et plaisante à suivre.



Au niveau du dessin, ben, c'est du Tôme pur jus, avec son chara design bien à elle et l'aspect crayonné des dessins : le moindre coup de crayon se retrouve ainsi encré, donnant un aspect fouilli assez chaleureux au niveau visuel.

L'histoire nous racontes les enquêtes du détective privé Matsunomiya et de sa jeune assistante Maya. Chaque enquète est indépendante des autres, le fil directeur de la série étant le mystère qui plane autour des origines de Maya. Cette dernière ayant, à l'instar d'une homonyme célèbre, un pouvoir spécial, pas de capacité channelique ici, mais un don de prophétie très précis en ce qui concerne des évènements historiques à venir...



En effet, l'action se déroule durant l'ère Taishô (littéralement "Grande Justice") au début des années 1920. l'ambiance d'après-guerre façon Années Folles nipponne est pour beaucoup dans l'atmosphère de la BD. Après je ne suis pas franchement féru d'Histoire japonaise et je ne peux guère juger de la reconstitution. Il y a quand même deux ou trois petits détails qui m'ont chiffonné comme l'emploi du terme "Nations Unies" plutôt que de "Société des Nations" ou la présence de nazis en 1923. (Bon, là, c'est plus sous-entendu)

Le détective gaffeur et décontracté et son assistante "coodere" forment un couple atypique auquel on s'attache bien vite. À cela s'ajoute toute une galerie de personnages secondaires sympathique allant du policier bourru, à un ancien condisciple de Matsunomiya, devenu professeur complètement excentrique, en passant par le petit frère malade qui devrait ravir les yaoistes.

Pour résumé, ce manga, qui se démarque des autres oeuvres de Kei Tôme se révèlent être un petit bijou, très agréable à lire, avec son cadre historique sortant de l'ordinaire, ses personnages haut en couleurs, son ton léger...Après le plus dur sera d'attendre le tome 3 qui n'arrivera certainement pas avant la St Glinglin, hélas...

lundi 3 novembre 2008

Les Gouttes de Dieu.

Voici donc le premier vrai post de ce blog ; pour me faire la main et proposer un tant soit peu de contenu aux visiteurs de ce tout jeune blog, j'écris une série d'articles sur des sujets plus tout à fait récents et qui ne me semble pas avoir été rabachés il y a déjà plusieurs mois (non non je ne parlerai pas de Code Geass...).

Le premier est donc consacré au manga Les Gouttes de Dieu, de Tadashi AGI et Shu OKIMOTO, paru chez Glénat dans sa collection Seinen (d'autant plus que le cinquième tome est sorti aujourd'hui).



La série a rencontré un succès immédiat dans son pays d'origine, causant la rupture de stock chez les cavistes nippons de vins présentés dans la BD. Genre populaire au Japon, en particulier chez le lectorat adulte, peu de manga "de bouche" sortent en Occident...Mis à part des titres tel que Sommelier traitant lui aussi de d'oenologie (mais on peut arguer que le fait que le héros soit sommelier passe trop souvent au second plan l'exclus de cette catégorie) ou encore le Gourmet solitaire de Taniguchi, on ne peut vraiment citer que Yakitate! Ja-pan comme série connaissant un succès certain (et cette série s'apparente plus à un shônen délirant qu'à une oeuvre plus posée et crédible destiné à un public plus mature).

Donc au début de cette année , Glénat décide de sortir ce titre s'étant détaché du lot qu'est Les Gouttes de Dieu. L'éditeur s'est d'ailleurs offert un petit buzz grâce à une promotion assez conséquente pour une oeuvre inconnu dans un genre quasi inconnu (par exemple conférence de presse ou une préface,antidatée, par un prof d'oenologie). Aux alentours d'avril 2008, la série a donc été pas mal chroniquée dans des magazines ou des sites spécialisés dans le vins ; un phénomène similaire s'était déjà produit avec Sommelier mais dans des proportions moindres. A part Taniguchi (déjà cité plus haut) qui semble avoir réconcilié les bobos pourfendeurs de japoniaiserie avec la bande dessinée nipponne, rares sont les mangas dont on a parlé en dehors de la presse et des sites spécialisés (hormis les ouatmilles  articles Naruto à un moment donné...).



Le travail fait par Glénat est excellent, comme toujours avec les séries de sa collection Seinen ; qu'il est loin le temps des éditions cartonnées d'Appleseed et GITS, leur traductions médiocres, leur modifs de l'image digne des pires scantrads, les vignettes réarrangées en mode random...L'impression est de bonne qualité sur du papier bien épais, un travail équivalent à celui de Berserk, même si la série qui nous intéresse n'est pas autant un cauchemar pour les encreurs et les imprimeurs. La couverture avec ses éléments brillants se détachant de l'arrière-plan mât et son titre en relief sont peut-être un peu tape à l'oeil et ne plairont pas forcément à tout le monde. En bonus, nous avons  à la fin de chaque tome des mini-guides thèmatiques pour découvrir le monde du vin, ceux-ci étant meilleurs que d'autres déjà rencontrés, à savoir qu'ils ne puent pas la recherche Wikipedia baclée en 5 minutes.

Le coup de crayon d'Okimoto est agréable, à défaut d'être original : c'est typiquement le genre de dessin que l'on rencontre ces dernières années dans des mangas ce déroulant dans un univers à peu près réaliste sans avoir l'air ringard, grosso modo, ça ressemble à Death Note.



L'histoire nous narre les (més)aventures de Shizuru Kanzaki, qui pour hériter de son père, oenologue réputé, doit entrer en compétition avec un jeune oenologue aux dents longues (mais au potentiel yaoïque indéniable) et découvrir douze grands vins...Inculte complet, il sera épaulé par une apprentie sommelière dans son ennivrante plongée dans le monde des pinards qui coûtent la peau des fesses...

Ce manga est une pure bande dessinée "culinaire" rythmée par les découvertes oenologiques du héros. Mais déborde également du coté du "business manga" autre genre populaire pour les seinen chez les nippons, à savoir que tout un plan du scénario traitent du commerce du vin, avec par exemple la création d'un département vin de l'entreprise du héros...

Je pense que l'un des éléments du succès des Gouttes de Dieu et une des raisons pour lesquelles je conseillerai l'achat de la série pour n'importe quel public, même jeune est la construction du scénario qui respecte à la lettre le pitch de base des shônen :

  • Le héros noob...(mais il n'a pas non plus 15 ans, hein)  : Shizuku est brouillé avec son père, travaille dans une boite de commerce de bière et n'a jamais bu de vins...
  • ...mais avec un talent caché... : Shizuku a un über odorat et une technique pour aérer le vin qui lui permettrait de se reconvertir en serveur de thé à la menthe.
  • ...une petite pépée qui l'accompagne... : et qui est plutôt craquante, comme il se doit...
  • des mentors et  de nouvelles amitiés qui se forment... : c'est bien simple quelque soit le lieu où le héros se déplace, parc de clochards, plateau de tournage d'une pub pour de la bière avec des gravia idols en bikini, il y a toujours un amateur de vin qui s'y cache...
  • ...le rival... : vous vous souvenez de la tête de Mada-uke dans l'épisode 5 de Genshiken saison 2...
  • ...et bien sûr les défis/tounois/concours/épreuves/courses/batailles dans lesquels le héros et le rival s'affronteront. : la découverte des 12 vins avec en mise en bouche une dégustation à l'aveugle pour déterminer qui pourra crêcher dans la superbe baraque de feu Maître Kanzaki (devinez qui perd...en accord avec une autre règle des shônen non mentionné plus haut)

Je suis un peu mauvaise langue ,cependant il faut bien admettre que l'histoire est très dynamique et à un bon rythme, contrairement à d'autres oeuvres du même genre qui sont lent, très lent (et pourtant j'aime les mangas contemplatifs comme les Aqua/Aria ). On ne s'ennuit pas une seconde à la lecture des multiples scénarii à tiroirs : outre l'histoire principale avec les 12 vins, il y a des histoires secondaires suivant, entre autre,  la création du département vins, par exemple, le concours France/Italie qui s'étalent sur 2 tomes. A côté de cela il y a les petites histoires qui ne font que quelques chapitres à la suite,comme les chapitres sur la bouteille cassée ou le restaurant en faillite...

Tous n'est évidemment pas sans défauts, équation de base : vin=France=franponais, cela fait un peu tâche des étiquettes de bouteilles avec des "appeleation d'origine controller" et autre "Vonse-Romanée" dans une série qui se veut bien documentée ; à part ça, manga oblige, on a droit à notre galerie de perso haut en couleurs dont certains un peu trop pour la vocation réaliste de la série. Tant qu'à parler des détails peu crédibles, on peut signaler autre chose : jusqu'à récemment les négociants en alcools et spiritueux nippons achetaient de la camelote adaptée au goût de l'archipel, quitte à ce qu'il est des additifs dans les produits. Ce qui à conduit à des abominations genre du cognac coupé avec du caramel...Dans Les Gouttes de Dieu, vu les trips que font les personnages après avoir bu une gorgée seulement, ce doit être de la coke qu'il y a dans les vins... 

Pour conclure, je peut affirmer que Les Gouttes de Dieu est un manga très agréable à lire, tant au niveau du dessin que du scénario. Si vous vous intéressez un peu au vin ou si vous cherchez à découvrir deux ou trois trucs sur le sujet de manière ludique, la série est faite pour vous. Si, par contre, vous êtes déjà expert en la matière et que vous détestez la bande dessinée sous toutes ses formes...ben pourquoi diable m'avoir lu jusqu'ici...