nogablog

jeudi 22 janvier 2009

Animes d'Hiver divers. Suite... et fin ?

Bon, pas de billet en près de 3 semaines... Enfin, j'étais un peu surbooké ce mois-ci, petits boulots, dernière ligne droite avant concours...etc...etc...

Mais, oh joie, depuis dimanche, une vilaine crève me tient cloué au lit, avec les yeux pas franchement en face des trous (sauf en cas d'étude des productions amateurs du soixante-quinzième Comic Market ) et du coup, j'en ai profité pour rattraper mon retard d'anime.

Et oui, fort peu originalement, voici la suite de mes premières impressions sur différentes séries ayant commencé pendant Janvier. Enfin, au moins, mes impressions se baseront sur les 2 ou 3 premiers épisodes ce qui est toujours mieux que sur un unique première épisode, souvent trompeur...

Espérons juste que vu mon état, ma prose n'est pas l'air d'avoir été tapée par une dizaines de singes alcooliques et dépressifs, enfermés dans une pièce avec des machines à écrire... Pas plus que d'habitude, en tout cas

Oui, je suis en mode emo, une Dreamcast de plus est en rade, j'ai fait une belle rayure sur l'écran de ma Neo Geo Pocket EN LA NETTOYANT POUR LUI METTRE UN FILM DE PROTECTION, et je n'ai pas pu aller prendre les mangasses commandés en magasin et avec mon bol habituel, ils seront vendus quand je pourrai...

Pour parler uniquement des tracas otaques évidemment : faisons de l'ego-blog geignard mais de l'ego-blog geignard otaque (nuance).

Enfin, au moins une bonne nouvelle : skav a rajouté ce blog sur son aggrégateur Blogchan. Yes, à moi, l'argent, la gloire et les putes... désolé, chères lectrices, mais vu ma tronche, seule cette dernière catégorie socio-professionelle a tendance à m'aborder, je n'emploirai donc pas le terme générique de "femmes"... (Je sais, je suis emo mais je me soigne.)

Un grand MERCI à lui donc... (Zut, j'aurai pu consacrer un billet rien qu'à la question...pour en augmenter le nombre.)

Allons-y pour ses impressions avant que l'intro ne se prolonge davantage...


Shikabane Hime Kuro.

R.A.S. : Suite direct de la première saison de l'Automne dernier... Pourquoi, diable, parler de seconde saison. Pas d'interruption de diffusion, même génériques, même absence de pantsu pour Makina... Y aura p'têtre un Shiro ce printemps, puis Ao et après on passe au ...-iro...


Hail to the King, Baby !

Minami-ke - Okaeri.

Une suite, là encore. Réalisés par les responsables de la deuxième, Okawari... (Première mauvaise nouvelle). Réalisation plutôt minable s'il en est... (Seconde mauvaise nouvelle).

Heureusement, cette dernière s'améliore dans les épisodes suivants (...est moins pire, si je voulais être méchant). Et heureusement (bis), le studio, s'est visiblement plus inspiré de la première saison : retour du chara design "bouches en gouttes d'eau" (pas vu de "Bible Black Eyes", par contre) et retour à un rythme d'épisodes découpés en petites saynettes, plus "4-koma" à mon goût...


Des années de diffusion de Plus Belle la Vie et il faut regarder un dessin animé japonais pour voir des personnages se comporter comme de vrais Marseillais.

Le Dit de Genji.

(Soyons snob : utilisons un titre équivalent en franchouillard.)

Plaisanteries mises à part. Ce programme me fait penser à Ayakashi - Japanese Classic Horror : Très joli visuellement, la caution culturelle vachement moins craignos que les recherches Wikipedia torchées en 5 min, pour rajouter un decorum bidon à la série, soit 95% de la japanim' moderne ; avant le Net et Wiki, c'était un quart d'heure dans la bibliothèque du coin... Ah joies des réseaux de communications de nos sociétés post-modernes...Mais je m'égare...

Pour résumer, j'ai trouvé ça très très ennuyeux. Traitez-moi de béotien bas-du-front si ça vous chante mais j'ai ressenti la même chose que devant le cinoche de chez nous, celui qui pense que plus le spectateur s'ennuie, plus il réfléchie et plus il se sent gratifié (c'est pas de moi, c'est de Nestor Burma). Ah oui, et le générique est complètement hors-sujet (moins que le rap d'Ayakashi).

Pas d'image, le fichier est déjà  effacé et là, j'ai la flemme. Je regarderai peut-être si on a droit aux passages dans lequel ce grand lolicon fait élèver une gamine pour ses petits besoins personnels.


La Traversée de l'Espace.

(Soyons kevin : utilisons une traduction/adaptation peu inspirée, frôlant le plagiat.)

Bon, le topo de base en quelques mots. Science-Fiction. Colonisation Spatiale. Personnage principal (féminin) lycéen niaiseux. Personnages secondaires clichés vus mille fois : Comité des Elèves rempli de bishônen comploteurs. Loli mystérieuse. Chara design moche. Ziks pourrie. Scénario fort confus après 2 épisodes alors qu'il ne doit pas franchement voler très haut...


Le personnage le plus naze de la saison. La carrière de Jun Fukuyama semble bien finie, tous ses nouveaux rôles ne sont guère plus que des parodies de Lelouch (ça fait peur, hein ?)

Chrome Shelled - Regios.

(Soyons kevin : utilisons une traduction/adaptation peu inspirée, frôlant le plagiat.)

Bon, le topo de base en quelques mots. Science-Fiction. Colonisation Spatiale. Personnage principal (masculin) lycéen niaiseux. Personnages secondaires clichés vus mille fois : Comité des élèves rempli de bishônen comploteurs. Loli mystérieuse. Chara design moche. Ziks pourrie. Scénario fort confus après 2 épisodes alors qu'il ne doit pas franchement voler très haut...

Tiens ? j'ai comme qui dirait une impression de déjà vu...


Et un premier rôle masculin fâdasse à point, un ! Et encore, là, il est son avantage...

Druaga no Tô - The Sword of Uruk.

(Je disais quoi, à propos des traductions, moi ?)

Et une troisième suite, qui succède à Aegis of Uruk. La première série ne cassait pas trois pattes à un canard avec son scénario indigent et l'originalité. Cependant, certains épisodes humoristiques étaient plutôt réussis (le premier ressemblant à un énorme MAD Nico Nico Dôga, la parodie de Gauntlet, l'épisode débile des pièges du magicien farceur.)

Pour ce qui en est de la nouvelle, on peut dire que ça démarre assez paresseusement, espérons le retour de gros gag qui tâche ou au moins au véritable décolage du scénario et des réponses aux questions depuis le début de la première saison.

Après reste une réalisation pas extraordinaire mais très propre, avec un joli chara design (enfin, les goûts et les couleurs...), un OP sympatoche "monde réel mais pas trop" (la série est basée sur un obscur jeu d'arcade adapté plus tard sur Game Boy, MSX, NES......Ah, en fait, c'est peut-être plus une parodie du jeu original que de Gauntlet...)


Il va sans dire que ce qui manque le plus à la série, ce sont bien les scènes de tentacles rape.

Munto TV.

Le KyoAni nouveau est arrivé, il me semble que c'est la première fois que le studio réalise deux anime en parallèle. Il s'agit ici d'un remake d'une série d'OAV du début des années 2000 (que je n'ai point vu).

Au programme : monde parallèle fantastique au bord du chaos, près de chuter et percuter notre monde, une écolière japonaise semble être la clé pour sauver le dit monde parallèle... Voilà. Au moins, ils ont éviter de faire de Munto un demi-démon à oreille de clébard et la fameuse "écolière" n'a pour l'instant ni épée, ni jeu de tarôt...


Tenchi Munto.

Asu no Yoichi.

Pas la peine de perdre de temps: il s'agit du gros harem anime qui tâche de la saison, tout plein de fan service idiot. Dans les faits, nous avons un mix immonde de Full Metal Panic !, de Sumomomomomo (je n'ai pas du en oublier un), de Amaenaide yo. Une bonne licence n'en rattrape pas deux nazes...


Boing Boing...

White Album.

l'adaptation d'eroge de la saison. On peut lui reprocher des persos qui se prennent le choux pour on ne sait quelles raisons, un héros comme on adore les détester, une "esthétisation" bien ringarde (surtout à la vue du sujet), des héroïnes un tantinet cliché (la cruche "yamato nadeshiko", la sociopathe, la "grande soeur", la vamp en devenir), une Aya Irano qui prouve une fois de plus (quelques séries mises à part) qu'elle joue comme une patate (aucune différence de jeu avec son rôle "Wincest" de Akane-iro bidule).

A son crédit, on peut mettre un dessin soigné, une histoire qui démarre assez vite pour le genre (en fait, la cruche et le boulet sont déjà ensemble au début de l'histoire, mais...), le ton est en plus assez réaliste (reste à voir si cela partira plus du coté de True tears que de KimiKiss...) et un OP sympa qui donne envie de rematter Nanoha...


Quand je parle d'"esthétisation", je ne parle pas de la "mode" selon les nippons...

Rideback.

J'avoue que les "moto-robots", j'était sceptique au départ, mais au final le résultat est pas trop mal. L'auteur de B.D. ayant réussi bien réussit à améliorer le concept depuis le support original. le scénario prend plus le temps de poser l'univers, même si on voit poindre à l'horizon les tensions entre les "Maîtres du monde" et les mouvements d'opposition locaux (ici, nippon) dans lesquel les "Rideback" auront un rôle déterminant...

Techniquement, il s'agit d'un des plus gros budgets de la saison et ça se voit, CG, effets lumineux à la pelle...etc...etc... Et en bonus , un nouveau générique de Mell, en anglais imcompréhensible comme il se doit


Mais en fait, l'attrait numéro un de la série reste ses munechira...

Et voilà, ce sera tout pour aujourd'hui...

Concluons juste par un petit rappel des séries du billet précédent: Akikan est de plus en plus pathétique, Marimite, de plus en plus ch**** et je suis perdu, Kurokami vaut quand même pus le coup en HD avec des effets de flou, mouvement,lumières rajoutés (par contre, la série à l'air de faire un bon gros bide),




Maria+Holic confirme être une bonne shafterie et l'OP est tout simplement hénaurme...



dimanche 4 janvier 2009

Animes d'Hiver divers.

Et donc voilà, la saison "Hiver 2009" est commencée, plusieurs séries ont déjà eu droit à des "pre-airing" sur chaînes hertziennes (à savoir sans génériques...) ; mais devraient connaître incessamment bientôt sous peu une diffusion complète et en numérique.

Nous avons donc :


La Vierge Marie Vous Regarde

C'était pas "Nous" avant ? Enfin, cela permet une pléthore de plaisanteries à base de "Virgin Mary is watching you". Saison n°4 (seule série présentée ici qui n'était pas en pré-diffusion).

L'archétype de la série shojo-ai, avec le cadre sacro-saint (si j'ose dire) du pensionnat hyper-huppé pour jeunes filles. (Et avec du franponais en prime dans la série qui nous intéresse aujourd'hui.)

Archétypes également, les différents protagonistes, onee-sama, ojô-sama, baka-musume...Pas une ne manque à l'appel...

Peu de chance que je suive cette série, d'autant que je n'ai vu ni les saisons 2 et 3, ni les OAV... Le visionnage du premier épisode étant juste une remise dans le bain pour la série suivante...


Maria+Holic

Nouvelle série de SHAFT + Shinbô, parodie avouée des séries à tendance yuri tel que Marimite ou Strawberry Panic, avec un trap comme élément comique. (J'aurais d'ailleurs tendance à penser que les séries avec et pensionnat pour lesbiennes et pov' type jouant les travelos, sont conçues dans un but parodique, je considère également Otoboku, aussi comme une parodie de Marimite.) pas la peine dans rajouter, il y a déjà suffisamment de fangirls et de fanboys pour qui veut plus de renseignements...

A voir donc...


Kurokami

Adaptation la Sunrise du manga du même nom (bon, les auteurs sont coréens, mais la série a été conçu pour le marché japonais depuis le début, donc...) ; je n'avais pas été fort convaincu par ce dernier, pourtant avec une DFC violente à cheveux long... Mais je m'égare. Pour l'instant, le constat est tout autant mitigé, réalisation moyenne, une baston minable sur de la zik pourrie, donc bof.

Le chara de l'héroïne m'a, tour à tour, fait penser à un Setsuna aux cheveux longs...



et à un clône foireux de Konata...



Bon, je suis méchant, mais, différences entre chara "humour" et chara "baston" mises à part, elle change trop souvent de tête d'un plan à l'autre. Allez, un point positif quand même, l'ending est plutôt pas mal et je suis aussi super fan des bruitages "pieds-nues sur le macadam mouillés", va savoir pourquoi...

Cette série remporte (pour l'instant) la palme du personnage secondaire le plus insignifiant de la saison. je vous présente :


Paf la Loli

Je sais, je suis ignoble.

Espérons qu'il rende le scénario moins confus que dans la B.D....Wait and See comme disent les ressortissants de la perfide Albion...


Akikan

Ah! Par où commencer, il y a tant à dire pour ce qui est d'ors et déjà le dessin animé le plus prometteur et le plus ambitieux de l'année qui vient. Responsables de l'abscons et médiocre Baccano, les gens du studio Brain's Base ont cependant accepté les critiques à leur encontre et réussi à se remettre en question ; il en résulte qu'ils arrivent aujourd'hui à nous livrer cette oeuvre magnifique, universelle et poétique tout en prenant à contre-courant le "marché" actuel de la japanimation.

Certaines mauvaises langues persiflent, se focalisant uniquement de manière superficielle sur la forme de cette série. Effectivement, la série ne jouit pas des dernières techniques d'animations, à la mode chez les studios les mieux nantis. Mais on peut objecter que le côté si révolutionaire du bébé de Brain's Base leur a sans doute coûté des financements, les "actionnaires", "producteurs" et autre "sponsors" ayant dut être effrayés devant tant d'audace et de passion. Il s'agit peut-être aussi d'une volonté réfléchie des animateurs, voulant faire un pont entre la jeune et l'ancienne génération en réalisant un dessin animé d'aujourd'hui avec les techniques d'autrefois.

La mise en scène, expurgée de considérations stérilement techniques est d'une inventivité peu commune. Par exemple, pour faire la nique aux stéréotypes de personnages féminins de dessins animés, dans Akikan, c'est le personnage masculin qui se retrouve dans son plus simple apppareil pendant une bonne partie de l'épisode. Signalons également, le style très avant-gardiste de cette même mise en scène, tout en suggestions habilement menées, jamais voir un homme boire à la paille dans une canette navets été aussi érotique...

Non, la vrai force d'Akikan est à chercher dans son scénario, qui boulversera à jamais les modèles de narration des séries télévisées post-modernes. Les scénaristes sont donc partis de la banale histoire de la grenouille qui se transforme en princesse après un baiser, ils s'en ont extrait toute la substantifique moelle et l'ont modifié à leur guise pour en arriver au résultat de transposer cette histoire de conte de fées dans le Japon contemporain, avec la grenoulle remplacée par une canette de soda. Ce choix n'est pas innocent : si dans les légendes de nos aïeux, la princesse apparaissait du batracien maudit, associé aux sorcières, au Mal en somme, dans son pendant moderne, la princesse apparait d'une canette de soda achetée dans un distributeur automatique. Brain's Bain brise les tabous et s'en prend à ce Sida social qu'est le capitalisme déshumanisé (en effet quoi de plus inhumain qu'une machine qui ne rend pas la monnaie !), ainsi que la société consumériste dans laquelle nous vivons, symbolisé par la possession de canettes (Le héros fera tout un cheminement de collectionneur de canettes, honteusement en aluminium, en un véritable Che Guevara, libérateur des canettes opprimées du monde entier et dans Akikan, les canettes, ce ne sont pas des canettes : les canettes, c'est moi, c'est vous !).

Tout le noeud de l'intrigue de ce premier épisode se joue autour d'un terrible choix cornélien que devront faire les deux personnages principaux, à savoir le héros doit-il boire la canette ou non ? L'acceptation de cet acte étant lourd de conséquence pour l'avenir des deux amants mais son refus, non-conforme à la pression de la société est-il même possible, si il n'entraîne pas déjà une marginalisation d'un personnage principale masculin ayant du mal à entrer dans le carcan de l'uniformisation. Vous l'aurez compris cette série est une grand fresque dramatique dans la grande tradition de l'Opéra italien ou de la Tragédie classique.

Attardons-nous sur les deux personages principaux se découvrant l'un l'autre après une scène à l'émotion la plus pure.

Nous avons tout d'abord, l'Amant, un personnage complexe et torturé à la fois, faisant même oublier Lelouch, de l'abracadabrantesquement géniallissime Code Geass.



Il devra faire son choix entre obéir au code de conduite de la société, à l'ordre établi, à la morale bien-pensante qui affirme qu'une canette ouverte est faite pour être bue et son amour naissant.

Il porte un véritable masque en société, prenant les traits d'un véritable dandy, sur de lui et charismatique mais en réalité cachant des faiblesses qu'il n'ose avouer qu'à sa compagne. Un protagoniste qui a tout d'une figure populaire tel que Lawrence d'Arabie.



L'Amante, véritable personnage principale de l'intrigue, comme pour Juliette de Roméo et Juliette de Shakespear, à l'instar de cette dernière, elle est l'élément déclencheur, celle qui sortira l'Amant de sa torpeur et le poussera à se rebeller contre un système injuste. Elle aussi est l'héritière d'une grande tradition d'héroïnes tragique. Elle devra ainsi faire le choix entre la Raison, à savoir obéir à son devoir, accepter son rôle et maintenir l'équilibre de la société, ce choix fut-il injuste et cruel (dura lex sed lex) ; et ses Sentiments pouvant provoquer l'imcompéhension voire le rejet de la société... Une véritable Antigone des temps modernes.



Mais Akikan sait aussi se rendre accessible pour le grand publique en faisant sien tous les éléments nécessaires au succès d'un anime moderne.

Outre, évidemment, une grande qualité d'écriture et d'une parfaite maitrise de la langue...



On trouve bien entendu de nombreux passages intimistes d'une romance naissante...



du fan-service ("la prochaine fois, j'enlève le bas")...



Le personnage, très théatral, au sens noble du terme, du confident et témoin du héros. Intelligent et éveillé, espiègle et sympathique, il sera toujours de bon conseil pour les héros...



du stretching (très important)...



de l'action...



des méchants cruels et machiavélique, valets du Pouvoir et de l'Argent, voulant faire appliquer aveuglement un ordre social injuste...



des les femmes fortes et indépendantes...



et des triangles amoureux.



...

... ...

... ... ...

Bon. Les conneries, ça va bien.

Tiens ! Les séries d'Automnes devraient heureusement reprendre bientôt après la pause des Fêtes...

lundi 24 novembre 2008

Conan, le Fils du Futur.

Comme je l'avais écrit dans le précédent billet, je vais vous présenter aujourd'hui la série TV Conan, le Fils du Futur. Série diffusée en l'an de grâce mil neuf cent septante-huit, à la télévision japonaise sous le titre de Mirai Shônen Conan et dirigée essentiellement par Hayao Miyazaki. Pas la peine d'en dire plus, avec la Ghiblimania qui sévit depuis une petite dizaine d'années, se ne sont pas informations et critiques qui manquent pour cette série. (Bon, je sais, j'ai dit que j'éviterai de parler de trucs trop hypés...)

Attention, ça spoile un peu...

Donc on va faire court : cet anime est sans doute l'un des meilleurs "kid shows" que le Japon est jamais produit. Ce n'est que mon opinion personnelle, mais je ne vois guère que le très récent Dennô Coil pour lui faire vraiment concurrence (et encore cette série souffre d'une baisse de rythme en milieu de série un peu gênante, avant de partir un peu trop live sur la fin).

L'histoire nous narre les aventures de Conan, un petit garçon, vivant dans le futur (eh, ducon, on s'en doute, c'est dans le titre). Bon, résumé (en images et onomatopées) :

Troisième guerre mondiale.



Un groupe de survivants sur une île déserte.



Conan, le seul enfant né sur l'île et élevé par le seul adulte restant.



Une petite fille, Lana, échouée sur la plage. Elle cherche à rejoindre un lieu appelé High Harbor et dit être poursuivie par la cité d'Industria.



Elle déclare être la clée de l'énergie solaire (étrange, ma maman m'a toujours dit que se sont les garçons, les clées et les filles, les serrures...Se serait-elle trompée ? ). Arrivée de soldat d'Industria.



Le papi est mortellement blessé en tentant de les chasser. Les soldats enlèvent Lana.



Fin du première épisode.


Pour cette courte critique, commençons tout de suite par les point négatifs. La série est très manichéenne. La société industrienne, montrée comme intrinsèquement porteuse des germes de la violence et du totalitarisme, reproduisant les erreurs de ceux qui ont conduit le monde à la guerre. Par contre, High Harbor est présenté en modèle de société, où chaque individu vit en harmonie à la fois avec la communauté humaine et avec la nature.



Second point, si il y a condamnation des modes de vie, il n'en est pas de même pour les individus ; à l'exception de Lepka, qui semble cristalliser toute les faiblesses de genre humain (en gros, le stéréotype du méchant pas bô), tous les personnages antagonistes se rallient à Conan à un moment ou à un autre. Il en résulte que la série est très manichéenne ET très niaise, mais ne nous en formalisons pas, c'est quand même d'une série ciblant un public plutôt jeune dont nous parlons.

Un mot sur la réalisation, si elle handicape un peu la série à l'époque actuelle, force est de constater que la série a bien vieillie, surtout comparée aux autres séries pour enfants des années 70 et 80. Merci au perfectionnisme de Miyazaki. On sent d'ailleurs bien la pâte du maître, principalement, dans le dessin des personnages, surtout Lana, et aussi dans le mechadesign, le tout très semblable à ce que l'on peut voir dans Nausicaä et la vallée du vent et les premières productions Ghibli.

Tant qu'à parler de ça, signalons que les ressemblances de Conan avec le reste de son oeuvre ne se limite pas qu'à des considérations esthétiques.

Tout d'abord, le personnage de Lana est archétype même de la femme miyazakienne, alliant force de caractère et douceur, véritable point d'ancrage et facteur de stabilité pour le personnage masculin.

Mais aussi, et surtout, les interrogations écologiques de Miyazaki et sa relations conflictuelles avec l'idée de progrès. Bon évitons de déblatérer des conneries sur le Japon entre modernité et tradition. Disons juste que le Japon, comme chacun sait, à relever son économie sur l'automobile et les loisirs "high-tech", symbole même du progrès au XXème siècle. Miyazaki est bien sûr conscient de cela, il est même dedans jusqu'au cou avec son boulot ; et dans ses séries, films, sa conception des machines, certe orientée "steam punk", est exceptionnelle (avis 100% partial et personnel) : on ne me fera pas croire qu'un type mettant autant de soins dans ses dessins de machines puisse être un pure écolo, ou que tout du moins il est lui-même fasciné par ce qu'il voue aux gémonies.

Ecolo, le mot est lâché : tout comme la Première guerre mondiale a sonné en Europe le glas du positivisme, l'idée du progrès forcément bénéfique, les Nippons ont, eux aussi, expérimenté lors de la seconde, la pointe de la technologie en matière militaire...(besoin d'un dessin ?)



Et on peut supposer que le choix de représenter High Harbor comme un lieu aux antipodes d'Industria est imputable à cette défiance vis à vis du progrès. High Harbor est en effet une utopie écologique, virant carrément au luddisme, ici, point de technologies, de vrais Amishs : on ne voit aucunement les commodités que pourrait apporter l'hydro et l'éo électricité et ne parlons même pas de l'énergie solaire (point de panneaux ou de fours solaires), quand les personnages évoquent cette possibilité, c'est seulement comme un crainte : un satellite envoyant des "rayons énergétiques" vers la Terre et réalimentant les armes d'autrefois (un mélange des Trois Soleils de Vinéa et de la Lumière d'Ixo, pour les fans de Yoko Tsuno).

Je rajouterai que ce qui m'a le plus dérangé dans le modèle High Harbor a été en fait l'absence d'école, on a réellement l'impression que les adultes de la série ne veulent pas donner d'instruction à leurs enfants, le bonheur par l'ignorance sans doute ?

Pour fermer cette partie sur les considérations écologiques de Miyazaki, on peut rajouter qu'il semble avoir été influencé, visible surtout dans ses premières oeuvres, Conan, qui est une adaptation et Nausicaä, plus personnelle, par la "deep ecology" et la "théorie Gaiä", qui consiste à considérer la planète Terre comme un organisme vivant à part entière et dont l'humanité serait une maladie à combattre (pas comme un des niveaux d'Unreal 2, hein ?). Cela se remarque surtout dans les scènes qui montrent les éléments et catastrophes naturels se déchaîner en ciblant Industria de manière quasi-consciente. Le très récent RD Sennou Chousashitsu est influencé par le même courant, avec son Biorythme terrestre et les scènes dans lesquelles l'océan "brûle", détruisant les installations humaines.

Au niveau du scénario, pas de défauts particuliers, tous les épisodes sont menés tambours battant et leurs enchaînement est parfaitement fluide, sans la moindre baisse de rythme durant la série.

Bizarrement, pour une série pour enfant, les deux personnages principaux n'évolue pas au cours de la série, ils restent égaux à eux même du début à la fin. Bien sûr, Conan découvre le monde, cependant on ne peut guère parler de voyage initiatique dans son cas. Il est tout au plus le personnage jetant un regard neuf sur les sociétés qu'il rencontre ; l'interprétation s'arrêtant au fait que se n'est pas Conan qui change au contact de ces sociétés mais les sociétés qui changent au contact de Conan.

Avec leurs capacités surnaturels, télépathie ou force exceptionnelle qui font d'eux des surhommes, Conan et Lana restent un idéal à atteindre, c'est aux personnages secondaires que le spectateur s'identifie le plus, en particulier, Gimsy, Dice et Mosly. Pour eux, l'évolution est marquante, chacun essayant d'affronter ses propres démons.

La série peut sembler au premier abord, un peu dure pour un jeune spectateur. Non pas qu'elle soit violente : les fusillades, malgré les pluies de balles, ne font jamais de victimes (à la fin, un perso blessé fait la remarque sarcastique qu'il ne pensait pas qu'un jour une balle industrienne atteindrait sa cible). Mais, il est vrai que des thèmes comme les lendemains d'une guerre et la reconstruction d'un monde où il faut lutter pour vivre n'est pas très courant, déjà dans une production japonaise, encore plus dans les produits pour enfants en Occident. La faute à Disney et aux Looney Toons...

Pour finir je ne résiste pas à l'envie de vous montrer diverses références faites à Conan dans la japanime :

Détective Conan, Film 2 : ouais, bon les personnages principaux répondent tous les deux au même prénom...et pis le baiser dans l'eau, tout ça...



Mais surtout, ça permet de faire la transition avec l'OAV Full Metal Panic! The Second Raid, série dont les DVD seront distribués en France courant 2012 et dont la suite verra le jour à l'horizon 2014. Remarquez juste le cross-over avec le Conan, cité au dessus (le Conyan devant être juste une sombre histoire de droits).




Conclusion rapide (j'ai déjà menti en disant que c'était court...): excellente série pour la jeunesse, Conan, le Fils du Futur est sympathique à regarder si vous êtes pris d'une crise de nostalgie. Sinon, elle peut aussi faire office de cadeau de choix pour votre neveu de 10 ans, si vous voulez lui offrir une alternative à Naruto ou Pokemon...(L'espoir fait vivre...)