Et donc voilà, la saison "Hiver 2009" est commencée, plusieurs séries ont déjà eu droit à des "pre-airing" sur chaînes hertziennes (à savoir sans génériques...) ; mais devraient connaître incessamment bientôt sous peu une diffusion complète et en numérique.

Nous avons donc :


La Vierge Marie Vous Regarde

C'était pas "Nous" avant ? Enfin, cela permet une pléthore de plaisanteries à base de "Virgin Mary is watching you". Saison n°4 (seule série présentée ici qui n'était pas en pré-diffusion).

L'archétype de la série shojo-ai, avec le cadre sacro-saint (si j'ose dire) du pensionnat hyper-huppé pour jeunes filles. (Et avec du franponais en prime dans la série qui nous intéresse aujourd'hui.)

Archétypes également, les différents protagonistes, onee-sama, ojô-sama, baka-musume...Pas une ne manque à l'appel...

Peu de chance que je suive cette série, d'autant que je n'ai vu ni les saisons 2 et 3, ni les OAV... Le visionnage du premier épisode étant juste une remise dans le bain pour la série suivante...


Maria+Holic

Nouvelle série de SHAFT + Shinbô, parodie avouée des séries à tendance yuri tel que Marimite ou Strawberry Panic, avec un trap comme élément comique. (J'aurais d'ailleurs tendance à penser que les séries avec et pensionnat pour lesbiennes et pov' type jouant les travelos, sont conçues dans un but parodique, je considère également Otoboku, aussi comme une parodie de Marimite.) pas la peine dans rajouter, il y a déjà suffisamment de fangirls et de fanboys pour qui veut plus de renseignements...

A voir donc...


Kurokami

Adaptation la Sunrise du manga du même nom (bon, les auteurs sont coréens, mais la série a été conçu pour le marché japonais depuis le début, donc...) ; je n'avais pas été fort convaincu par ce dernier, pourtant avec une DFC violente à cheveux long... Mais je m'égare. Pour l'instant, le constat est tout autant mitigé, réalisation moyenne, une baston minable sur de la zik pourrie, donc bof.

Le chara de l'héroïne m'a, tour à tour, fait penser à un Setsuna aux cheveux longs...



et à un clône foireux de Konata...



Bon, je suis méchant, mais, différences entre chara "humour" et chara "baston" mises à part, elle change trop souvent de tête d'un plan à l'autre. Allez, un point positif quand même, l'ending est plutôt pas mal et je suis aussi super fan des bruitages "pieds-nues sur le macadam mouillés", va savoir pourquoi...

Cette série remporte (pour l'instant) la palme du personnage secondaire le plus insignifiant de la saison. je vous présente :


Paf la Loli

Je sais, je suis ignoble.

Espérons qu'il rende le scénario moins confus que dans la B.D....Wait and See comme disent les ressortissants de la perfide Albion...


Akikan

Ah! Par où commencer, il y a tant à dire pour ce qui est d'ors et déjà le dessin animé le plus prometteur et le plus ambitieux de l'année qui vient. Responsables de l'abscons et médiocre Baccano, les gens du studio Brain's Base ont cependant accepté les critiques à leur encontre et réussi à se remettre en question ; il en résulte qu'ils arrivent aujourd'hui à nous livrer cette oeuvre magnifique, universelle et poétique tout en prenant à contre-courant le "marché" actuel de la japanimation.

Certaines mauvaises langues persiflent, se focalisant uniquement de manière superficielle sur la forme de cette série. Effectivement, la série ne jouit pas des dernières techniques d'animations, à la mode chez les studios les mieux nantis. Mais on peut objecter que le côté si révolutionaire du bébé de Brain's Base leur a sans doute coûté des financements, les "actionnaires", "producteurs" et autre "sponsors" ayant dut être effrayés devant tant d'audace et de passion. Il s'agit peut-être aussi d'une volonté réfléchie des animateurs, voulant faire un pont entre la jeune et l'ancienne génération en réalisant un dessin animé d'aujourd'hui avec les techniques d'autrefois.

La mise en scène, expurgée de considérations stérilement techniques est d'une inventivité peu commune. Par exemple, pour faire la nique aux stéréotypes de personnages féminins de dessins animés, dans Akikan, c'est le personnage masculin qui se retrouve dans son plus simple apppareil pendant une bonne partie de l'épisode. Signalons également, le style très avant-gardiste de cette même mise en scène, tout en suggestions habilement menées, jamais voir un homme boire à la paille dans une canette navets été aussi érotique...

Non, la vrai force d'Akikan est à chercher dans son scénario, qui boulversera à jamais les modèles de narration des séries télévisées post-modernes. Les scénaristes sont donc partis de la banale histoire de la grenouille qui se transforme en princesse après un baiser, ils s'en ont extrait toute la substantifique moelle et l'ont modifié à leur guise pour en arriver au résultat de transposer cette histoire de conte de fées dans le Japon contemporain, avec la grenoulle remplacée par une canette de soda. Ce choix n'est pas innocent : si dans les légendes de nos aïeux, la princesse apparaissait du batracien maudit, associé aux sorcières, au Mal en somme, dans son pendant moderne, la princesse apparait d'une canette de soda achetée dans un distributeur automatique. Brain's Bain brise les tabous et s'en prend à ce Sida social qu'est le capitalisme déshumanisé (en effet quoi de plus inhumain qu'une machine qui ne rend pas la monnaie !), ainsi que la société consumériste dans laquelle nous vivons, symbolisé par la possession de canettes (Le héros fera tout un cheminement de collectionneur de canettes, honteusement en aluminium, en un véritable Che Guevara, libérateur des canettes opprimées du monde entier et dans Akikan, les canettes, ce ne sont pas des canettes : les canettes, c'est moi, c'est vous !).

Tout le noeud de l'intrigue de ce premier épisode se joue autour d'un terrible choix cornélien que devront faire les deux personnages principaux, à savoir le héros doit-il boire la canette ou non ? L'acceptation de cet acte étant lourd de conséquence pour l'avenir des deux amants mais son refus, non-conforme à la pression de la société est-il même possible, si il n'entraîne pas déjà une marginalisation d'un personnage principale masculin ayant du mal à entrer dans le carcan de l'uniformisation. Vous l'aurez compris cette série est une grand fresque dramatique dans la grande tradition de l'Opéra italien ou de la Tragédie classique.

Attardons-nous sur les deux personages principaux se découvrant l'un l'autre après une scène à l'émotion la plus pure.

Nous avons tout d'abord, l'Amant, un personnage complexe et torturé à la fois, faisant même oublier Lelouch, de l'abracadabrantesquement géniallissime Code Geass.



Il devra faire son choix entre obéir au code de conduite de la société, à l'ordre établi, à la morale bien-pensante qui affirme qu'une canette ouverte est faite pour être bue et son amour naissant.

Il porte un véritable masque en société, prenant les traits d'un véritable dandy, sur de lui et charismatique mais en réalité cachant des faiblesses qu'il n'ose avouer qu'à sa compagne. Un protagoniste qui a tout d'une figure populaire tel que Lawrence d'Arabie.



L'Amante, véritable personnage principale de l'intrigue, comme pour Juliette de Roméo et Juliette de Shakespear, à l'instar de cette dernière, elle est l'élément déclencheur, celle qui sortira l'Amant de sa torpeur et le poussera à se rebeller contre un système injuste. Elle aussi est l'héritière d'une grande tradition d'héroïnes tragique. Elle devra ainsi faire le choix entre la Raison, à savoir obéir à son devoir, accepter son rôle et maintenir l'équilibre de la société, ce choix fut-il injuste et cruel (dura lex sed lex) ; et ses Sentiments pouvant provoquer l'imcompéhension voire le rejet de la société... Une véritable Antigone des temps modernes.



Mais Akikan sait aussi se rendre accessible pour le grand publique en faisant sien tous les éléments nécessaires au succès d'un anime moderne.

Outre, évidemment, une grande qualité d'écriture et d'une parfaite maitrise de la langue...



On trouve bien entendu de nombreux passages intimistes d'une romance naissante...



du fan-service ("la prochaine fois, j'enlève le bas")...



Le personnage, très théatral, au sens noble du terme, du confident et témoin du héros. Intelligent et éveillé, espiègle et sympathique, il sera toujours de bon conseil pour les héros...



du stretching (très important)...



de l'action...



des méchants cruels et machiavélique, valets du Pouvoir et de l'Argent, voulant faire appliquer aveuglement un ordre social injuste...



des les femmes fortes et indépendantes...



et des triangles amoureux.



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... ... ...

Bon. Les conneries, ça va bien.

Tiens ! Les séries d'Automnes devraient heureusement reprendre bientôt après la pause des Fêtes...