Voici un petit billet pour vous présenter le prochain volet de la série Persona, le fameux spin-off des Megaten. Volet disponible dans nos vertes et plaisantes contrées, le 13 de ce pluvieux mois de mars (je sais, je m'y prends un peu à la bourre).

Ce test a été réalisé à partir de la version américaine, sortie depuis décembre dernier... En fait, la confirmation d'une distribution en zone euro ne semble s'être faite que courant janvier... C'est donc SquareEnix qui assumera ce rôle, cet éditeur s'investissant de plus en plus comme distributeur tiers en Europe. Vu les délais, le jeu sera certainement identique aux copies US, tout en anglais donc, avec sans doute le choix entre les modes 50Hz/60Hz pour toute concession (je râle mais ce choix était encore un rêve, il n'y a encore que quelques années).

Un petit mots sur l'emballage :

  • la jaquette de cette version US est identique à la version jap, ce qui n'est pas un mauvaise chose, connaissant le mauvais goût patent des distributeurs ricains (il suffit de mater les pochettes des Final Fantasy ou plus dans le sujet, celles des Persona 3 et FES).
  • alors qu'il s'agit d'une édition simple, la B.O. du jeu est offert sur un second disque. Toujours sympa à prendre.


(évidemment rien n'indique que ces éléments soit conservés de par chez nous.)

Disons le tout net : jamais un Persona n'a été aussi semblable à son prédécesseur. Alors que les différences entre le premier épisode, les deux deux (oui oui), et le troisième (+FES) étaient notables, autant les joueurs de Persona 3 s'essayant à ce quatrième opus ne risque pas d'être dépaysé tant tout semble identique. Si vous avez apprécié le 3, à priori vous aimerez le 4...

Il est à peu près impossible de faire un test de ce jeu sans s'empêcher de faire la comparaison avec le précédant quand on y a joué. Signalons que le jeu apporte son lot d'améliorations et d'optimisations sur le plan technique, des zone plus vastes, des menus qui ne sont plus à la ramasse...

Ainsi que sur le plan de la mécanique du jeu : points de sauvegarde mieux placés (genre pile en face du perso en période "After School"), un menu de raccourcis de déplacement via le bouton Carré, toujours les systèmes de caratéristiques et de liens sociaux maix plus intimant lié l'un à l'autre, avec parfois de scénarios qui se croisent.

Des améliorations surtout notables dans la constructions des donjons ; plus de d'immense tour mais une successions de petits donjons d'une dizaines de niveaux, aux thèmes variés et avec un moteur de construction aléatoire plus sympathique puisque chaque donjon à son propre algo, les plans ne se ressemblent pas d'un donjon à l'autre.

Signalons aussi ce qui est annoncé comme une révolution sur le dos du boitier : "Team Control : Command each member individually in battle, or let them decide their own actions.". Incroyable, je n'y aurai jamais pensé. Pour les nouveaux venus, la remarque vaut pour la première partie de la citation : dans Persona 3, l'I.A. controlait les alliés, ce qui pouvait s'avérer très énervant quand elle s'évertuait à lancer uniquement des sorts d'altérations d'état échouant 3 fois sur 4 au lieu d'attaquer ce puissant ennemi...

Parlons aussi du scénario : Jean Dupont débarque en cambrousse (mouais, c'est pas non plus Hinamizawa ; ceux qui touvent que l'ambiance est campagnarde à souhait sont des abrutis de parigots) pour un an chez son poulet(-fermier).Et dès le départ tout s'enchaine, début d'une série de meurtres, découverte d'un monde parallèle en traversant une étrange lucarne et de pouvoirs surpuissants pour le héros tout d'abord puis pour les membres de l'équipe qui se constitue, et en route pour sauver les futurs victimes du serial-killer.

Le gros défaut du scénar' global de Persona 3 était sa quasi-absence : on attendait le fin du mois pour casser du boss, jusqu'à ce qu'il n'y en est plus...avec juste deux-trois révélations et apparitions d'antagonistes.Il fallait attendre longtemps avant d'avoir l'impression que l'histoire démarre vraiment. Dans Persona 4, avec son scénario prenant ancrage sur le fait-divers des meurtres en séries tient beaucoup plus le joueur en haleine et gère pas mal le suspens avec l'interrogation redondante: qui passe à la casserole ensuite ?

(à noter que cet épisode refait la part belle aux rumeurs et légendes urbaines d'une manière plus visible que Persona 3, revenant ainsi aux fondamentaux de la série)

Il y a cependant deux ou trois hics, toujours par comparaison avec le 3 :

  • L'impression parfois d'avoir un jeu simplifier. Tout d'abord, j'ai eu l'impression que le jeu est plus facile que son prédecesseur, il faut attendre les dernier donjon pour avoir des groupe de monstres puissants jouant la carte "altérations d'état" ou celles des insensibilité/absorption/réflexion disparate au sein d'un même groupe. D'une manière, on passe moins de temps dans les donjons et de toute façon, il y a moins d'"étages" et de "demi-boss" que dans Persona 3. Durant au moins une bonne moitié, on avance presque comme dans du beurre.
  • Le jeu semble aussi alléger parfois, malgré certains ajouts plus ou moins anecdotiques comme les "quests" (PNJ générique cherche objet à trouver spécifiquement dans donjon), la pêche (qui n'est guère utile que pour certaine "quests" ou pour acqérir certain objets en échange de vos prises tel les clé ouvrant les coffres spéciaux), la cuisine (pour faire des bentô à vos lienx sociaux,.. encore faut-il les ofrir à la bonne personne...), les petits boulots (activité/excuse pour monter les cara ou faire de nouveaux liens sociaux...guère différents du cinoche(disparu) ou du resto(toujours là) ou les dites-caractéristique qui passent de trois à cinq. Oups, phrase trop longue.Sans doute est-ce un effet secondaire de FES qui était plutôt couillu avec ses costumes, ou ces armes à fusionner... Disons que certains modifications du gameplay (voire améliorations) rendent la vie un peut trop facile comme la trop grande concentration de lienx sociaux, trop limité à l'enceinte de l'école en début de partie, mise à part l'oncle et la cousine du héros, il faut attendre des plombes avant d'avoir des liens sociaux extérieurs, liens sociaux qui ne boudent plus par ailleurs, par jalousie ou manque d'attention. Les donjons sont trop petits et pas assez nombreux. Bon, y z'allaient pas étirer les tripes "personne à sauver" ad vitam mais y quand même un gros trou durant la période estivale avec baisse de rythme à la clé; je sais, il ne pleut pas en été, c'est bien connu et comme un élément-clé du scénar' est l'influence de la pluie(et du brouillard qui s'en suit) sur le monde parallèle...
Tiens, d'ailleurs : petit jeu-SPOILER
Mais où est le PNJ faussement générique qui n'apparait que les jours de pluie ?
Fin du SPOILER
  • Et enfin, le ton et l'ambiance du jeu est aussi beaucoup plus léger, un peu trop même. Déjà les persos ne se tirent plus une balle dans la tête pour invoquer les personae ; même si je trouvais cet élément grotesque, il mettait quand même dans l'ambiance, à cela s'ajoutait la "Midnight Hour", le temps qui s'arrête pour le monde réel (par contre le coup des cercueils était naze aussi) et le Tartarus, immense tour qui dominait la ville. Le jeu avait une ambiance bien malsaine et glauque. Dans Persona 4, on a un monde parallèle dans la TV, avec une bestiole débile pour accueillir les nouveaux venus, Bestiole qui se transforme par la suite en... NON, c'est trop horrible, pour le dire. Et puis l'event du festival de l'école...Non, non, NON...         Ah oui, si FES avait apporter son lot d'event débile à souhait (le jeu de base était bien garnie lui aussi), le 4 va malheureusement encore plus loin, avec de grand moment de solitude derrière son écran (Euh, il est passé où mon spin-off Megaten à l'ambiance oppressante ?). Et puis y a cette saloperie de couleur jaune des menus, un jaune-oeuf bien moche, bien tache, bien angoissant (ou pas)...

Bon, même si je râle un peu, le jeu fonctionne parfaitement avec un bon gros mélange de RPG (avec un gros aspect donjon) et de simulateur de lycéen nippons (avec le choix d'avoir ou non un perso fémini comme copine ou non et les laconiques "Vous passez un long moment avec Bidule" au moment où v... enfin bref). Une B.O. toujours sympatoche, une durée de vie toujours conséquente 70 heures au bas mot pour la fin "normale", plus une dizaine pour avoir les "mauvaises" et la "véritable" (5-6 heures pour le dernier donjon à faire d'une traite + le boss). Accessoirement, la série de question pour déterminer qui est le véritable coupable est une bonne idée et conclue bien le tripe enquête du jeu, bien que ce soit un peu trop évident quand on procède par élimination (on retire les liens sociaux, les précédants suspects, les persos qui ont vraiment rien à voir et ...), qu'il y est six questions dont on voit l'issue (faire accepter que la vérité n'est pas ce qu'elle semble être, en gros) mais le moindre mauvais choix conduit à une bad end et que pour débloquer la true ending il faille refuser par deux fois une boite de dialogue et en allant au bon endroit à la toute fin...

Pour conclure, achetez-le (gniark gniark) même si vous "récupérer" une "undub" pour avoir les voix jap' avec Yui Horie (mince, plus de Mamiko Noto)