Oh, Ys...
Par nogaret le jeudi 16 avril 2009, 22:25 - Jeu Vidéo - Lien permanent
C'est quand on se retrouve dans un coin à coucher dehors, avec rien n'a avoir à faire le soir, sans connexion à Internet, nada, que l'achat d'une console de jeux portable se retrouve rentabilisé, ce type de machine montrant enfin son utilité pour l'amateur de culture visuelle moderne, fortement sédentaire.
Du coup, on se met à finir ces jeux commencés depuis des lustres et qui prennent la poussière. Voire, on en prend de nouveaux pour ce genre de situation. Surtout quand dans son cas, on possède une DS sur laquelle sort en ce moment de gros jeux, en particulier dans le domaine du RPG nippon (mais pas seulement bien entendu).
J'ai déjà évoqué Chrono Trigger, portage du hit SuperNES (avec l'adjonction des vidéos de la version Playstation). Celui-ci étant déjà terminé, deux fois à la suite d'ailleurs, ce qui m'arrive rarement préférant laissé un certain délai entre deux parties. D'une part parce que je n'avais rien d'autre à ce moment-là, et d'autre part parce que je voulais voir la nouvelle fin et son boss...qui m'auront fortement déçu au final mais chut!
Citons également, comme grosse production Suikoden - Tierkreis, spin-off de la célèbre saga, bien entamé mais que je réserve pour un prochain déplacement. Cependant, le jeu se révèle rapidement être un excellent RPG pour ce support, que se soit en terme de réalisation, gameplay, et scénario. bien sur tout n'est pas parfait avec deux-trois trucs qui fâche comme une traduction française inégale ("marchant", "citoyen d'Aged"), des combats aléatoires BEAUCOUP TROP fréquents, redondance des décors... et surtout en tant que fan de Suiko, la disparition des Runes, batailles, duels, mini-jeux (un comble, la console Nintendo se prêtant bien aux petites activités annexes avec un gameplay au stylet)...
Dans le tas est sorti Legacy of Ys - Book I&II, le dernier remake en date des premiers épisodes de la série Ys.
Tout d'abord, deux-trois précisions et morceaux d'egoblog (hein, comment ça "comme depuis le début du billet"...).
J'ai découvert Ys il n'y qu'une petite dizaine d'années, en ayant entendu parlé comme d'une série culte du A-RPG, au travers de l'émulation uniquement (de la même manière que Chrono Trigger d'ailleurs) ,ici Master System. Malheureusement, du à certaine circonstances (ROM ou émulateur buggé, boss retors, niveau d'anglais personnel au ras des pâquerettes, absence du deuxième épisode) je n'avais guère avancé Ys I (quoique... j'y reviendrai) et mon expérience se limite au troisième et quatrième sur SuperNES (enfin, toujours en émulation). Cependant, j'ai pu remarquer que le soft arrivait cependant à dégager une atmosphère très réussi malgré ses défauts, le jeu arrivant réellement à nous transporter dans son univers. C'est sans doute pour cela que ces jeux bénéficient du titre de "culte"et de l'excellente réputation qui leur a permis de traverser les ans, ceux y ayant joué à l'époque sur Master System, PC-Engine ou autre en gardant des souvenirs impérissables, et à son éditeur de s'enrichir avec des remake/portage très régulier des deux premiers volets.
(hop, un lien Grospixels)
Rapide résumé pour le I et II :
Ys I et II devait être normalement un seul et même jeu, le projet a été coupé en cours de développement.
Les jeux sortent sur micro-ordinateurs tout d'abord (Nec PC-88, MSX, compatibles IBM-PC/MS-DOS) puis sur console (NES, Master System, et PC-Engine, première "compilation" des deux jeux)
Puis les deux jeux sortent séparément dans deux compil' de l'éditeur sur Saturn
Viennent les version "Eternal", séparément puis en compilation sur PC, et enfin, en compilation toujours, sur Playstation 2
Sorties séparées en version jap' de révisions des "Eternal" sur DS. Les deux en une seule cartouche au USA.
Grosso modo, ce Legacy of Ys est la première sortie hors Japon, des Ys I et II depuis 20 ans, n'existant que la version Master System (le premier seulement), PC-Engine et PC comme seule version anglaise micro.
Disons le tout net, ce jeu souffre d'un immense défaut. Il s'agit bien sûr de son côté extrêmement oldies, certes parfaitement assumé, mais même si la forme change, pour le fond, nous avons affaire ici à un jeu qui a plus de vingt ans. La conséquence est que seul l'amateur averti d'archéologie vidéoludique peut vraiment y trouver son compte ; et encore... En effet, le vieux de la vieille, ayant connu le jeu à l'époque, préférera toujours la-dite version d'époque, tant qu'à jouer old-school autant y jouer pour de "vrai", d'autant que la mythique version PC-Engine a eu droit à une sortie Virtual Console sur la Wii (et bien sûr, en moins coûteux que la présente version DS).
Cependant, on peut quand même nuancer : je le rappelle une nouvelle fois, il s'agit de la première ressortie occidentale de ce jeu donc si vous n'avez pas eu la chance de pouvoir y goûter (ou alors pas dans les meilleurs conditions), que ce jeu fait partie de votre playlist nécroludique, (et que vous n'avez pas de Wii), cette version peut s'avérer être aubaine...
Voyons donc plus en détail ce qu'il en est.

Donc vite fait, nous avons la BO sur un CD, uniquement pour le premier tirage du jeu, sur la cartouche, comme je l'ai dit, nous trouvons les deux premiers Ys et ce pour un prix "budget", (ce qui revient, en France, a un peu plus qu'un jeu DS normal...). A noter, il y a quelques artworks et deux-trois explications à l'intérieur du livret.
Un
petit mot sur le scénario: les légendes parle d'Ys, une contrée
prospère, entre autre grâce à la découverte du cleria, un
mystérieux métal, sous la bénédiction de deux déesses et guidée
par six sages, ayant soudainement disparu au sommet de sa gloire. Des
siècles plus tard, Adol Christin, un jeune aventurier, se rend sur
l'île d'Esteria, où était censé se situer la mythique contrée,
mais...(rien à voir avec la légende bretonne donc)
Le fait qu'en fait deux jeux à la fois soit testé est important du fait des améliorations entre les deux, que ce soit celles d'époque ou celles de ces portages, sortis séparément dans leur pays d'origine.
Premièrement, voyons les améliorations par rapport aux versions anciennes.
Présence des cinématiques des versions "Eternal"(voir ici ou là ; tiens dans cet AMV présentée par Raton, il y en quelques extraits).
Il y a bien sûr également les artworks des personnages et des écrans de dialogues qui ont été modernisés.
Les musiques ont été également remixées.
La "nouveauté" de cette version DS, des environnements en 3D (issues des précédents remake, mais adapté à la DS), . Ceux en 2D ne brillaient pas pour leur réalisations, il en est de même pour ceux en 3D. Deux précisions : certains décors non générique en 2D, plutôt jolie sur MS ou PC-E, se retrouve réduit à des bouilli de polygones ; ensuite, les graphisme s'améliorent sur le deuxième jeux, avec des textures plus fines, mais au prix d'une "sectorisation" des zones plus importantes, il suffit de voir la coupure dans le premier village pour s'en rendre compte...
Les sprites du héros et des monstres/PNJ ont été aussi redessinés, mais franchement 4 étapes d'animation... Au moins, ils en ont prévu pour la marche en diagonale...
Évolution majeur du gameplay, nous avons une touche pour les coups d'épée, dans le jeu original, il fallait tamponner les streums sur le côté pour leur infliger des dégâts. (C'est dépaysant, je vous assure : n'ayant pas lu le livret tout de suite, après avoir gagné ma première épée au terme d'une harassante quête "Parle à tous les PNJ du village pour continuer", je m'élance vaillamment sur le premier ennemi que je croise... et clamse comme un con en lui tentant de lui rentrer dedans...) Petite précision là encore, dans le premier épisode, les ennemis continuent de jouer aux autos-tamponneuses, il faut attendre le deuxième pour qu'ils donnent des "coups", possédant une certaine portée...
Les dialogues ont été récrits (ou mieux traduit, je l'ignore), et cela est profitable, ceux-ci arrivant à rendre relativement vivantes les interventions des PNJ (alors qu'il s'agit d'un des principale défaut des vieux RPG, d'avoir des dialogues lapidaires, d'une platitude sans borne).
Le jeu est beaucoup trop facile en mode "Normal" (par rapport à mes maigres souvenir d'Ys I MS), seuls les boss peuvent présenter une certaine difficulté( et encore pas tous). A noter que le leveling est extrêmement aisé, dans le premier ; mais dans le deuxième, quelques séances de level-up seront nécessaires.
Nous avons droit également à de nouveaux équipements, personnages, donjons... même si la je ne serais trop vous dire lesquels, surtout pour le 2, auquel je n'avais jamais joué.
De nouveaux modes : "multijoueur" (pas pu essayer),"time attack" de boss (mouais...), et un mode "musiques" (rendu inutile par le CD)...




Maintenant, nous allons voir les problèmes de fond.
Il faut donc retenir que les changements sont surtout pour la forme, les nombreux ajout étant anecdotiques, le seul contenu vraiment inédit que j'ai repéré étant le donjon "Cratère", entre le "Temple" et la "Mine" qui se plie en un quart d'heure, et n'ajoute rien au scénario, pire arrive comme un cheveu sur la soupe ("Oh, je dois rejoindre Bidule au Cratère"..."Oh, Bidule n'est pas là, je vais retourner en ville"...).
De la même manière, il faut noter la quasi-absence de quêtes secondaires, à vrai dire, à part retrouver un anneau pour un pilier de bistrots, je n'en est vu aucune... Après, il y a des cutscenes, dialogues, quêtes qui sont liés au scénario principal qui peuvent être allègrement sauter, et aller directement à l'essentiel pour continuer l'aventure : pas besoin de parler à tous les villageois dans le tout premier village, vous pouvez aller directement à la ville suivante (mais sans épée, il faudra straffer entre les monstres, pas besoin de débloquer les différentes scènes de Reah et d'accepter sa requête, apportez-lui directement l'objet qu'elle recherche après l'avoir trouver, inutile aussi la quête du maire et de jouer les émissaires auprès des brigands de la région, inutile aussi de vous inquiétez pour l'époux disparu, de débloquer sa scène de présentation en retournant au début du jeu... ce n'est pas une quête secondaire, il interviendra quand même dans le scénario plus tard...Ces scénettes facultatives mettent certes dans l'ambiance mais ne font que rallonger artificiellement la durée de vie du jeu au même titre que les allées-retour successifs.
Voilà le gros point noir du jeu, sa durée de vie : une petite dizaine d'heures pour chaque épisode.
La force d'Ys est de proposer un univers cohérent et immersif, mais cela un coût : très peu de lieu, trois villages chacun, avec un plus gros contenant l'essentiel des commerces, quelques donjons et environnement extérieurs différents (dans le 2, la plupart des donjons ne servent qu'à relier les villages, il n'y a pas à proprement parler d'alentours à explorer). Avec pour finir, un immense donjon de fin, représentant la moitié de la durée de vie de chaque épisode, toutes les quêtes et développements du scénario ne servant qu'à introduire ces donjons finaux...

(En fait, dans la version MS, je mettais arrêtais à la quête des derniers équipements d'argent, juste avant le fameux donjon...)
Disons, quand même du bien de ces Ys, tout n'est pas à jeter, loin de là.
Je l'ai plusieurs fois répété durant le billet, ces jeux arrive malgré leurs défaut à être très immersif. Et ce, grâce à un univers qui a été véritablement travaillé, Esteria et Ys, forment un tout unique. Bien sûr, il n'y pas énormément de lieux, cependant ceux-ci ont une véritable âme, en particulier les villages, crédibles et permettant de rencontrer une belle brochette de PNJ, un soin tout particulier a été apporté à leurs dialogues, même pour les quelques répliques des plus insignifiants.
Reste un système de jeu simple, qui s'étoffera au fur à mesure, en particulier dans le 2, donnant la part belle, aux énigmes à base d'objets, peu vu dans les RPG, et surtout les magies décuplant les possibilités.
Si bien sûr la réalisation globale fait remake "petit budget", et n'a évidemment pas le cachet des récents Dragon Quest IV et V et Final Fantasy III,IV et V, sur la même machine ; les cinématiques sont très réussies, ainsi que les artworks de dialogues. Pour finir, les musiques sont superbes quand on pense au support.
Vous l'aurez compris, le bilan est assez mitigé tout de même. Ce remake restant trop fidèle dans ce qu'il propose à l'original, il s'avère fort dispensable pour ceux possédant déjà une autre version, ou pouvant en acquérir une, facilement et pour moins cher, proposant une expérience de jeu plus proche de l'époque. Si vous cherchez à découvrir de vieilles gloire du jeu vidéo sur des supports actuels ou pas trop exotique, le soft pourrait bien vous enchanter avec son univers fantasy bien ficelé, en vous faisant découvrir le A-RPG à la sauce Ys...
(OK, je sors après cette vanne foireuse, complétant par la même le titre de ce billet.)
MAJ :
Les images suivantes sont tirées de l'épisode 3 de Hayate no Gotoku - Second Season.



Nice Timing





Commentaires
Donc au final, il vaut mieux que je le prenne sur Wii ? C'est la version Super-CDROM, y'a des jolies musiques format red book et des cinématiques dedans ?
(tiens c'est original ces petites phrases en italique entre les paragraphes)
"Donc au final, il vaut mieux que je le prenne sur Wii ?"
Ben, honnêtement, oui (j'aurai même tendance à dire "évidemment"). Sous réserve qu'il n'y est pas (trop) de coupes dans les musiques et voix (y a rien de signalé sur les pages de présentation et d'instructions en tous cas), on peut dire qu'il s'agit de la version de référence, restituant l'expérience de jeu la plus proche de l'original, ce qui est sans doute le mieux pour un oldies...
Je n'ai pas trop insisté sur l'idée qu'une bonne partie du capital-sympathie du titre provient égalemment de son portage sur console portable. Même si il n'est pas la hauteur des grosses pointures de l'époque 16-bits, il reste tout à fait convenable en terme de plaisir de jeu et durée de vie. Avec bien sûr, les avantages fournis par la refonte de titre ; si par exemple, on fait une grave allergie au design "années 1980" ou que l'on est atteint de forte myopie, l'action étant moins confuse sur le petit écran de la DS avec les nouveaux graphismes, que la bouillie de pixel que l'on peut "observer" sur Master System (faire la différence entre la face et le côté de certains ennemis relevant parfois de la gageur). Et après, je n'ai pas non plus parlé du fait que la compilation des remakes PC à un patch de traduction amateur...
"(tiens c'est original ces petites phrases en italique entre les paragraphes)"
N'est-ce pas...
Ce que je regrette aussi, c'est qu'il est impossible de monter de niveau jusqu'à plus soif, puisqu'on est bloqué au niveau 24.
Du coup, ce ne sont que les armures et armes qui font la différence.
Pareil, on gagne trop de fric.. pour rien. J'en étais même à acheter des armures pourries pour me dire que je les avais toutes et que mon argent servirait au moins à quelque chose. :S